Les grands systèmes de signalisation du réseau français, en clair
La signalisation ferroviaire a une mission simple à énoncer : empêcher que deux trains se rattrapent ou se rencontrent, et garantir que chaque train circule à une vitesse compatible avec la voie devant lui. Pour y parvenir, le réseau français combine plusieurs systèmes, nés à des époques différentes. Voici l'essentiel à connaître sur le BAL, le KVB, la TVM, l'ERTMS/ETCS et les postes d'aiguillage.
La voie est découpée en tronçons appelés cantons. Un train ne peut entrer dans un canton que si celui-ci est libre. Un système de détection (circuit de voie ou compteur d'essieux) indique en permanence si chaque canton est occupé. Ce principe est commun à presque tous les systèmes de signalisation.
Avec le BAL, chaque canton est protégé par un signal lumineux à son entrée. Lorsqu'un canton est occupé, le signal qui le protège se ferme automatiquement ; le signal précédent présente un avertissement pour que le conducteur commence à freiner. Le BAL équipe la majorité des lignes à fort trafic du réseau classique. Sa force : une capacité élevée et un fonctionnement automatique, sans intervention d'un agent pour chaque circulation.
Le BAL indique au conducteur ce qu'il doit faire ; le KVB vérifie qu'il le fait. Des balises posées sur la voie transmettent au train des informations sur les signaux et les limitations de vitesse. L'ordinateur de bord calcule une courbe de freinage et déclenche un freinage d'urgence si le train risque de franchir un signal fermé ou de dépasser une vitesse limite. Généralisé sur le réseau français à partir des années 1990, le KVB est un système de sécurité complémentaire de la signalisation latérale.
Au-delà de 220 km/h environ, le conducteur ne peut plus lire de façon fiable des signaux placés le long de la voie. Sur les lignes à grande vitesse françaises, la TVM transmet les informations par les rails jusqu'à la cabine : la vitesse à respecter s'affiche directement sur le pupitre de conduite. Deux générations coexistent, la TVM 300 et la TVM 430, cette dernière offrant davantage d'indications et une meilleure capacité.
Chaque pays européen a historiquement développé ses propres systèmes, ce qui oblige les trains internationaux à embarquer plusieurs équipements. L'ERTMS (European Rail Traffic Management System) vise à harmoniser cela. Il repose sur deux composantes :
En niveau 1, les informations sont transmises au train par des eurobalises, en complément de la signalisation latérale. En niveau 2, un centre radio (RBC) envoie en continu les autorisations de mouvement par GSM-R, et la signalisation en cabine permet de se passer des signaux latéraux.
Les postes d'aiguillage commandent les aiguilles et les signaux d'une gare ou d'un nœud ferroviaire. Ils réalisent les enclenchements : des verrous logiques qui interdisent de donner un itinéraire incompatible avec un autre déjà établi. En France coexistent des postes à relais (PRS, PRCI) et des postes informatiques (PIPC, PAI), qui remplacent progressivement la logique câblée par une logique logicielle de sécurité.
Le BAL est un système de signalisation : il informe le conducteur par des signaux lumineux. Le KVB est un système de contrôle : il surveille la vitesse du train et freine automatiquement en cas de non-respect d'une indication.
À grande vitesse, la lecture de signaux latéraux n'est plus fiable. La TVM ou l'ETCS niveau 2 affichent donc les consignes directement en cabine.
C'est l'objectif à long terme fixé au niveau européen, mais le déploiement est progressif : les systèmes nationaux comme le BAL, le KVB et la TVM resteront en service pendant de nombreuses années.
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